Comment expédier votre vélo vers ou depuis le camino de Santiago ?

Le chemin de Compostelle à vélo

Le chemin de Compostelle à vélo. Source : http://elcaminoconcorreos.com

10% des « pèlerins » optent pour le vélo, soit 27000 enregistrés l’an dernier à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Deux questions se posent :

  • comment expédier la bicyclette au point de départ ?
  • comment la rapatrier du point d’arrivée ?

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37 pèlerins secourus cet hiver entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux

37 pèlerins ont été secourus cet hiver (novembre à mars) lors de la première étape entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux. Lors de cette étape, on passe d’une altitude de 165 mètres à 1430 mètres (en haut du col de Lepoeder).

Des pèlerins secourus chaque hiver entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux

Bureau des pèlerins de Saint-Jean-Pied-de-Port

La webmaster de ce site accueillante au bureau des pèlerins de Saint Jean Pie de Port la première semaine de septembre 2015 © Fabienne Bodan

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Marcher avec des enfants vers Compostelle

Santiago au pays de Compostelle

Ce texte est la traduction d’un article publié le 24.02.2017 sur le site espagnol « Vive Camino ». Il soulève diverses questions pour ceux qui envisagent de marcher avec des enfants vers Compostelle. Sans doute vos enfants n’auront-ils jamais marché tant de dizaines de kilomètres en une semaine, il convient donc de les préparer physiquement et mentalement. Lire la suite

Sept cathédrales sur les chemins de Compostelle en Espagne

Découvrez sept cathédrales bien connues des pèlerins des différents chemins de Compostelle : de Léon à Murcia, en passant par Burgos, Salamanque, Séville ou Madrid

28.11.2016
De catedral en catedral: siete templos españoles y sus secretos más curiosos
Si l’on additionne, en Espagne, les cathédrales, les con-cathédrales, et les cathédrales antiques, on obtient un total de 96 édifices. Dans l’article du Huffington Post, vous vous délecterez des magnifiques photos de ces édifices majestueux.

Cathédrale, Léon, Castille-Léon, Espagne

Cathédrale de Léon © Fabienne Bodan

.Cathédrale Santa Maria de Léon

Avant sa construction, on note l’existence de deux autres cathédrales, l’une romane. La cathédrale actuelle est construite au dessus de termes romains du VIIè siècle, découvertes à la fin du XIXe siècle. La légende raconte qu’une taupe mettait en pièces les progressions de la construction pendant les nuits, et que l’édifice n’avançait guère. Les habitants, impatients, eurent la peau de l’animal et l’accrochèrent à l’une des portes du temple (la porte San Juan). Il suffit d’y entrer pour apercevoir une peau à cet endroit.

Cathédrale, Nuestra Señora de la Almudena, Madrid

Cathédrale Nuestra Señora de la Almudena, Madrid © Fabienne Bodan

.Cathédrale Santa María la Real de la Almudena de Madrid

Sa construction débuté en 1883, et dura plus d’un siècle, les derniers travaux se terminant en 1999. D’extérieur néo-classique, son intérieur conserve un style néo-gothique. La cathédrale de Madrid, considérée comme l’une des moins belles d’Espagne, est orientée Nord-Sud, à la différence des autres cathédrales orientées Est-Ouest. Elle peut cependant se targuer d’avoir été l’unique cathédrale consacrée par un pape, Jean-Paul II, en 1993.

Cathédrale, Saint-Jacques de Compostelle, Galice

La cathédrale de Santiago…en mai 2013, avant les travaux…© Fabienne Bodan

.Cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle 

Sa construction débuta sous le règne de Alfonso VI au XIe siècle, dans le but d’accueillir les reliques de l’apôtre Jacques Le Majeur. Dans ce temple sculpté dans l’une de ses façades attire l’attention. On raconte que l’un des tailleurs de pierres participant à la construction de la cathédrale a sculpté un… « derrière » sur l’une des façades pour se plaindre des conditions mauvaises de travail et du bas salaire !

Cathédrale, Séville, Andalousie et la Giralda

La cathédrale de Séville et sa célèbre Giralda © Fabienne Bodan

.Cathédrale Santa María de la Sede de Séville

Temple gothique le plus grand au monde et troisième plus grande cathédrale au monde après la basilique Saint-Pierre de Rome et Nuestra Señora Aparecida au Brésil. Juste à l’entrée de la porte San Cristóbal se situent le monument funéraire contenant les restes de Christophe Colomb. A l’origine, la cathédrale de la Havane, où reposait le navigateur, devait abriter ce monument. Mais après l’indépendance de Cuba, il fut décidé de ramener la dépouille du découvreur des Amériques à Séville. La légende conte que les fantômes de Christophe Colomb et du Cardinal Cisneros errent la nuit dans leur immense tombeau.

Cathédrale, Salamanque (Via de la Plata)

Cathédrale Salamanque (Via de la Plata) © Fabienne Bodan

.Nouvelle cathédrale Santa Maria de Salamanque (par opposition à l’ancienne cathédrale, Asunción de la Virgen) 

Deuxième cathédrale la plus grande et deuxième clocher le plus haut (110 mètres) d’Espagne. Sa construction débuta au XVIè siècle près de l’ancienne cathédrale : son mur sud s’appuie sur le mur nord de l’ancien temple. Sur sa façade fut sculpté un astronaute…en 1993.

Vidéo You Tube de Canal de MissMaritere : Papamoscas Catedral Burgos

.Cathédrale Santa María de Burgos ou Santa Iglesia Catedral Basílica Metropolitana de Santa María de Burgos

Cathédrale la plus connue d’Espagne et sans doute l’un des temples gothiques les plus importants du monde. Sa construction démarra en 1221 et depuis 1921 y reposent le Cid et son épouse Doña Jimena. Un autre personnage célèbre est le Papamoscas, automate construit au XVe siècle à 15 mètres de hauteur. Aujourd’hui muet, il ouvre la bouche toutes les heures tout en agitant une cloche de sa main droite. A côté, El Martinillo, figurine plus petite, attend sur son balcon entre deux cloches et signale tous les quarts d’heure.

Vidéo You Tube ajoutée le 27.03.2015 par Me Encanta Murcia

.Cathédrale Santa María de Murcia

Temple d’origine gothique, elle se distingue par le deuxième clocher le plus haut d’Espagne (93 mètres). Y sont conservées les entrailles et le cœur de Alfonso X el Sabio. La cathédrale possède 23 chapelles faisant honneur aux différents saints et évêques qui contribuèrent à sa construction.
http://www.huffingtonpost.es/2016/11/28/curiosidades-catedrales-espana_n_13040540.html
Article en espagnol

Chemin de Saint-Jacques et pèlerin Wifi

J’ai traduit intégralement cette très intéressante analyse de l’évolution des chemins de Paco Nabal, spécialiste des chemins et auteur de guides depuis les années 1990 (article publié dans El Pais le 11.11.2016). Du boom des auberges privée au pèlerin Wifi, le cheminant moderne sait-il encore remercier ?

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11.11.2016
Camino de Santiago Sociedad Anónima
En à peine une décennie, la plus connue des routes jacquaires en Espagne, a fait l’objet d’une mercantilisation jusqu’à des extrêmes insoupçonnés. Le Camino francés est un gigantesque négoce qui pourrait mourir de son succès. L’auteur de l’article a parcouru pour la première fois ce chemin en 1994, qui plus est, en février. Il se rappelle de sa solitude et de la rareté des infrastructures  : « il fallait marcher des kilomètres et des kilomètres sans le moindre bar où acheter un « bocadillo », et bien calculer ses étapes si l’on ne voulait pas dormir sous le porche d’une église. Les rares personnes qui aidaient les pèlerins le faisaient de manière désintéressée. Et chacun acceptait ces « pénuries de services » de bonne grâce, selon le dicton jacquaire : « le pèlerin n’exige pas, il remercie ». Paco Nabal est revenu tous les ans sur les chemins jacquaires, en tant qu’auteur de guides publiés par El Pais : « en 1994, on comptait 70 auberges sur les 800 kilomètres du Camino francés. Il y en avait 400 cet été 2016. Le cas le plus marquant est celui de Sarria, où l’on dénombre aujourd’hui…27 auberges ».

Le boom des auberges privées

Si une chose a considérablement transformé le chemin ces dernières années, c’est bien l’apparition et la prolifération des auberges privées. Dans certaines communes où n’existait que l’auberge municipale ou celle tenue par les associations des amis du chemin, elles se comptent par dizaines. Personne n’a voulu laisser passer la poule aux œufs d’or qui passe à sa porte en marchant. Tous les propriétaires d’une grande bâtisse antique et ruineuse située dans un village traversé par les flèches jaunes l’a convertie en auberge. Ou plutôt en hostel, car ces établissements ressemblent plus à des hôtels bon marché d’une quelconque ville européenne qu’à une auberge de pèlerins. Par exemple à Reliegos, là où en 2010 il n’y avait qu’une auberge tenue par les riverains, on en compte aujourd’hui 6. Alors qu’il ne s’agit même pas d’une ville-étape traditionnelle.

Les repas, point-clé du commerce privé

Les repas constituent l’une des mannes essentielles du commerce des auberges privées. Si l’on arrive dans un village sans la moindre alimentation pour acheter du pain et quelques denrées mais où trois auberges se sont implantées, l’on n’a d’autres choix que d’accepter le dîner et le petit-déjeuner proposés par ces établissements. Et de s’acquitter d’une facture moyenne de 23 euros : 10 euros pour la nuitée, 10 euros pour le dîner et 3 euros pour le petit déjeuner. Comme le reconnaissent sans aucune pudeur les tenanciers de ces auberges : « si nous laissions une cuisine en libre-service, ce serait contre-productif pour notre commerce, car les pèlerins prépareraient eux-mêmes leurs repas ». Il faut cependant reconnaître que les auberges privées sont en général plus neuves et offrent plus de services que les auberges publiques.

Commerce saisonnier contre accueil désintéressé à l’année

Autre différence entre public et privé : 90% du secteur privé n’ouvrent que de mars (ou de la semaine sainte) à novembre, lorsqu’il y a le plus de pèlerins. Le chauffage coûte cher. Rester ouvert pendant l’hiver pour quelques hypothétiques pèlerins n’intéresse pas les privés. Les hospitaliers et volontaires qui gèrent les auberges municipales disent qu’en hiver, seules ceux qui s’intéressent vraiment aux pèlerins restent ouverts.

La guerre des flèches jaunes

Il y a aussi la guerre des flèches jaunes. Chacun y va de son pinceau, pour détourner les marcheurs vers leur établissement. Le problème n’est pas nouveau, mais s’est aiguisé avec la démultiplication de l’offre. Il n’est pas rare de voir des flèches fraîchement peintes ou mal dessinées, indiquant auberges ou bars. Les frictions, voire les bagarres entre propriétaires ne sont pas rares, pour dévier la poule aux œufs d’or vers leur commerce. On ouvre un négoce concurrent quelques rues avant, voire à l’entrée du village. Quand il existe plusieurs auberges dans une commune, les premières se remplissent toujours en premier.

Le pèlerin, vulgaire client des bars et restaurants

Les bars et les restaurants ne sont pas en reste. Certains d’entre eux, assurés de voir passer plusieurs centaines de marcheurs chaque jour, n’accordent pas d’importance à l’accueil du pèlerin et à la qualité de la nourriture proposée.
Les pèlerins eux-mêmes ont changé, composant de nos jours une foule bigarrée aux besoins divers. Tous n’acceptent pas de côtoyer une soixantaine de personnes dans un dortoir. L’offre de chambre double s’est donc développée, à 40 euros la nuit.
Quand la première édition des guides de Paco Nabal fut publiée, en 1999, était mentionné si le village comptait ou non une…cabine téléphonique. Aujourd’hui, la première question du pèlerin arrivant dans une auberge porte sur son équipement en Wifi. Ce qui est le cas un peut partout, à l’exception de certaines auberges municipales ou parroissiales. Toutes les auberges de la Xunta de Galicia en sont pourvues.

Les nouveaux pèlerins

La façon d’aborder le chemin a changé à l’instar de la société. Avant, on supposait que si quelqu’un partait sur les chemins, c’était en quête de silence, de solitude et de monologue avec soi-même. Aujourd’hui, dans les bars ou les auberges, tous sont penchés sur l’écran de leur téléphone mobile. Le côté sombre de l’irruption des mobiles, c’est que les pèlerins sont pendus à leurs téléphones. Avant, ils se racontaient des histoires, faisaient connaissance, partageaient leurs expériences, parlaient d’ampoules, de chiens menaçants ou de sentiers mal indiqués. Des pèlerins Wifi connectés en permanence…

Le pèlerin Wifi

Le sentiment général est que tout est plus organisé, préparé. On réserve sur Booking, on expédie des mails pour réserver des lits, on se connecte sur Facebook pour demander une place dans une auberge. Il y a même des agences qui proposent de tout organiser. Il suffit de leur dire de combien de jours et de quel budget on dispose. Elles réservent alors les hébergements et se chargent du transport des bagages. Le candidat au chemin paye en avance, et sait d’emblée où il va s’arrêter. Il ne reste plus beaucoup de marge pour l’improvisation.

Le pèlerin exige ou remercie ?

Une autre sensation émerge chez les hospitaliers aguerris : le pèlerin exige toujours plus. Auparavant, le cheminant remerciait pour ce qui lui était offert, dormait où il pouvait, acceptait les conditions imposées. Aujourd’hui, le marcheur connaît la rivalité entre les établissements pour l’attirer, et il se sert de l’abondance de l’offre pour marchander. C’est en quelque sorte le serpent qui se mord la queue. Si le commerçant ne voit dans le pèlerin qu’un client à qui soustraire de l’argent, il ne faut pas qu’il s’attende à des relations de gratitude comme il en existait d’antan. Si l’on traite un pèlerin comme un billet de 20 euros, celui-ci exigera un service pour une valeur de 20 euros.

Le pèlerin Lonely Planet

Un autre profil de marcheur contribue au changement de mentalité : celui du jeune nord-américain, néo-zélandais, australien ou d’Europe centrale en année sabatique, en quête d’aventure et de rencontres. Il y a chaque année plus de jeunes étrangers qui viennent profiter des tarifs attractifs du chemin comme ils partiraient faire du tourisme en backpacker en Asie du Sud-Est. Une manière de parcourir l’Espagne, mangeant, buvant et dormant pour 20 euros par jour. Une offre imbattable, mais qui contribue à affaiblir le sens humaniste du pèlerinage.

Les hospitaliers volontaires ou l’esprit du chemin

Il y a une institution digne d’éloges : celle des hospitaliers volontaires. Des anonymes qui consacrent leurs vacances à gérer des auberges paroissiales, municipales ou associatives. Ils changent tous les 15 jours et offre un accueil dans le plus pur sens chrétien du terme. Il s’agit souvent d’auberges fonctionnant en donativo, où le pèlerin participe à un dîner et un petit déjeuner communautaires. Certes, ces lieux sont plus austères que les auberges privées. Dans certaines, on dort sur des matelas à même le sol. Beaucoup n’ont pas de chauffage. Parfois, il n’y a pas d’eau chaude. Mais le sentiment de recueillement et d’être le bienvenu supplée à ces carences éventuelles. Le problème dans ces rares auberges qui demeurent est que les pèlerins confondent souvent donativo et gratuité. Parfois, les dons couvrent à peine la nourriture. Les cheminants laissent beaucoup moins que ce qu’ils donneraient dans un gîte privé.

L’esprit du chemin

Alors, reste-t-il quelque chose de l’esprit du chemin ? Bien sûr que oui. Et le camino demeure une aventure personnelle des plus recommandables. L’on y rencontre des gens merveilleux, des hospitaliers qui vivent leur mission comme une forme de service aux autres. Et des marcheurs qui se rendent à Compostelle avec un esprit religieux, de méditation, de quête personnelle ou simplement humaniste. Le chemin de Saint-Jacques vit depuis 12 siècles, passant par des moments de gloire puis d’oubli. Il a permis de repeupler certains territoires et de répandre art et culture. Il fut dès son origine une voie commerciale. Alors pourquoi ne survivrait-il pas à l’ère digitale ?
Il y a autant de chemins vers Compostelle que de cheminants. Il demeurera toujours des pèlerins qui aborderont la marche vers Saint-Jacques de Compostelle en remerciant, et non pas en exigeant !
http://elpais.com/elpais/2016/11/08/paco_nadal/1478600036_788887.html
Article en espagnol

Le pèlerinage comme châtiment du Moyen-Âge à la Révolution Française

La revue de presse de la semaine 10 (2016) était si riche que j’ai préféré en extraire cet article que j’ai traduit dans sa quasi-intégralité.

Images gratuites sur Pixabay. Licence Creative Commons CC0.

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12.3.2016
La peregrinación forzosa a Santiago de Compostela fue un castigo penal en el pasado
Le pèlerinage forcé vers Saint-Jacques de Compostelle fut l’un des châtiments prononcés par les tribunaux religieux comme civils du Moyen-Âge à la Révolution Française. Le droit canonique médiéval, dans « les réglementations pénitentielles » commença à utiliser les pèlerinages comme méthode de châtiment de certains délits commis par les ecclésiastiques ou les laïcs. La distance et la durée du pèlerinage étaient fonction de la nature du délit. Un évêque auteur d’un homicide pouvait être condamné à un pèlerinage à vie. Un ecclésiastique pouvait être condamné à un pèlerinage pour une durée déterminée s’il avait tué, intentionnellement ou animé par la haine. Le même sort était réservé aux prêtres qui violaient le secret de la confession ou dérobaient des objets sacrés. On imposait le pèlerinage aux laïcs qui avaient volé de l’argent à l’église, commis des délits à l’encontre de leurs proches, s’ils avaient « forniqué » (l’article ne dit pas avec qui, NDLR), et ceux coupables d’adultère.
Il y avait en outre des circonstances aggravantes à ces délits. Dans ce cas, on obligeait les « pèlerins malgré eux » à porter des chaînes, jusqu’à ce que l’usure ou… un miracle les en libèrent, ou encore, pour les hommes, à cheminer nus. Les femmes, quant à elles, devaient porter un vêtement blanc ou un costume de pénitente.
Avant le XIIIe siècle, les pouvoirs séculiers des Pays-Bas, de France et d’Allemagne, empruntèrent au droit canonique la peine de pèlerinage forcé ou obligé. Son application fut très variable, selon les conduites à sanctionner. Celles-ci allaient de l’homicide aux lésions et blessures d’une certaine gravité infligées dans des lieux saints, en passant par l’enlèvement d’une femme, certains délits contre une propriété, le non-paiement d’un salaire, des loyers dus à la ville, des injures, l’adultère, brandir une arme tranchante contre autrui jusqu’à des infractions à des ordonnances municipales. Les juges corrompus se voyaient aussi imposer le pèlerinage forcé. En particulier à ceux qui en profitaient pour se porter acquéreur des biens ou crédits objets du litige.
Les pouvoirs publics appliquèrent également la peine de pèlerinage collectif à des familles, communautés agitées (menaçant l’ordre public, NDLR), ou aux peuples rebelles après la signature d’un traité de paix avec le Roi : une manière ingénieuse de les éloigner pendant un certain temps du territoire.
Saint-Jacques de Compostelle n’était pas la seule destination de ces pèlerinages forcés. Le catalogue contenait également Rome, Jérusalem, Canterbury (Angleterre), Cologne (Allemagne), Chypre, Notre Dame de Vauvert, Rocamadour, Boulogne-sur-Mer… Ainsi, le pape Clément V obligea Guillaume de Nogaret, professeur de droit à Montpellier, conseiller du Royaume de France, juge à Beaucaire, à pérégriner vers Notre-Dame de Vauvert, Notre-Dame de Rocamadour, Notre-Dame de Puy-en-Velay, Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, Notre-Dame de Chartres, Saint-Gilles en Provence, Saint-Pierre de Montmajour et Saint-Jacques de Compostelle. Ce fut la condition pour lever l’excommunication que lui valut un article écrit dans le cadre du conflit qui l’opposait au Roi de France et de Navarre, Philippe IV dit le Bel.
Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pèlerinages forcés n’appartiennent pas seulement au passé. La Belgique applique toujours ce type de peine. Dans le cadre d’un projet dénommé Oykoten, des jeunes condamnés pour délits mineurs peuvent ainsi éviter d’aller la prison, ou accéder à la rédemption définitive de leurs peines en cheminant jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. Rien de tel pour favoriser la réflexion qu’une bonne marche de 1777 kilomètres ! Une expérience qui transforme tout un chacun…
http://confilegal.com/20160312-la-peregrinacion-forzosa-santiago-compostela-fue-castigo-pasado/
Article en espagnol

Images gratuites sur Pixabay. Licence Creative Commons CC0.

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Revue de Presse 2016 Copyright Fabienne Bodan http://pelerinsdecompostelle.com

Les 20 ans de l’association bretonne des Amis de Saint-Jacques

Pour l’assemblée générale de ses 20 ans, l’association bretonne des Amis de Saint-Jacques a fait preuve d’originalité, en offrant à ses membres un concert de son choeur jacquaire Mouez Ar Jakez, ainsi qu’une pièce de théâtre intitulée « Coup de théâtre à Sixt » (du nom de la commune où se déroula cette assemblée). Voici quelques extraits de ces deux belles animations de la journée.

Le premier CD du Choeur Mouez Ar Jakez, enregistré en 2011

Le premier CD du Choeur Mouez Ar Jakez, enregistré en 2011

Attention, il y a deux vidéos sur cette page. Pour couper le son de l’une d’elle, passer votre souris en bas de l’écran de la vidéo (bande noire) et désactivez le haut-parleur !

Après la musique…les paroles des chants jacquaires…

Paroles des chants du concert (1)

Paroles des chants du concert (1)

Paroles des chants du concert (2)

Paroles des chants du concert (2)

Paroles des chants du concert (3)

Paroles des chants du concert (3)

Paroles des chants du concert (4)

Paroles des chants du concert (4)

Vous avez aimé la prestation du choeur Mouez Ar Jakez ? Découvrez quelques extraits de la pièce de théâtre mise en scène par Thierry Rouxel, et vous vous retrouverez certainement dans l’un ou l’autre des profils de pèlerins évoqués. Ultréia !