Via de la Plata : Etape N°28, de Montamarta à Granja de Moreruela

En sortant de Montamarta © Fabienne Bodan

En sortant de Montamarta © Fabienne Bodan

Que l'on soit croyant ou non, il s'agit toujours d'une délicate attention envers les pèlerins. © Fabienne Bodan

Que l’on soit croyant ou non, il s’agit toujours d’une délicate attention envers les pèlerins. © Fabienne Bodan

Il pleuvra une bonne partie de la journée. Les terrains sont boueux, glissants. Je choisis de marcher le long de la route pour les cinq derniers kilomètres, préférant affronter le danger de la circulation et des camions que de m'embourber sur les chemins. © Fabienne Bodan

Il pleuvra une bonne partie de la journée. Les terrains sont boueux, glissants. Je choisis de marcher le long de la route pour les cinq derniers kilomètres, préférant affronter le danger de la circulation et des camions que de m’embourber sur les chemins. © Fabienne Bodan

4 Mai 2015 :

Bonjour à tous
Ça va peut-être vous paraître étrange mais…je suis heureuse sur cette Via de la Plata comme sur mes chemins précédents. Est-ce parce que la vie sur les chemins se rapporte à l’essentiel? Est-ce parce le nomadisme, tant géographique qu’intellectuel me convient à merveille ? Est-ce parce que l’on vit pleinement la fraternité, la solidarité et l’extrême convivialité sur ces voies de Compostelle ? Certainement un peu de tout cela !

Aujourd’hui étape de 23 kms de Montamarta à Granja de Moreruela…sous la pluie, pour la deuxième fois seulement depuus notre départ de Séville il y a exactement 4 semaines. Pour la première fois j’ai marché dans la boue et renoncé à suivre les « flechas amarillas » après Riego del Camino, rebroussant chemin pour terminer l’étape le long de la N630, préférant les projections d’eau des camions à celles des terres argileuses sur les semelles et les pantalons. A Granja de Moreruela, la Via de la Plata se sépare en deux : le pèlerin poursuit soit vers Astorga, où il rattrape le Camino francés, soit vers Ourense via le camino Sanabrés. Ayant déjà marché sur le premier, je me lance dès demain à la découverte du Camino Sanabrés. Nous avons (déjà) parcouru 619 kms depus Séville et j’imagine déjà mes futurs chemins, insatiable pèlerine que je suis devenue. Quand on aime, on ne compte pas. Dans quelques jours, j’aurai parcouru 3000 kilomètres sur ces voies compostellanes. 3000 kilomètres de bonheur absolu. Inexplicable sans doute pour les néophytes. Mais ceux qui ont répondu à l’appel de Santiago comprendront. Ce jour, malgré la pluie, ce sont les senteurs du chemin qui imprègnent mon cerveau limbique. Nous avons renoué avec les oarfums des cistes et des aubépines. Merci Saint Jacques de nous offrir de tels cadeaux

Je poursuis la rédaction de mes « fiches hébergement » sur la Via de la Plata. J’ai profité d’une liaison Wifi assez rapide en fin d’après midi pour mettre en ligne textes et photos des derniers hébergements. Je suis à jour en matière de texte, j’ai un peu de retard quant aux photos. Figurez-vous que le disque dur du Mac Book Air que j’ai emporté avec moi est…plein. J’ai acheté un disque dur externe à Zamora, et bien que les jeunes vendeurs m’aient garanti qu’il serait compatible avec mon Mac portable, celui-ci ne sait pas le reconnaître. Quelqu’un saurait-il m’aider ? En attendant, voici l’un des premiers vrais hébergements pèlerins de la Via de la Plata, l’albergue parroquial du Père Blas à Fuenterroble de la Salvatierra
http://pelerinsdecompostelle.com/?p=1192

Lorsque l'on a longtemps marché sous la pluie, le moindre abri apparaît comme un cadeau du ciel. A Riego del Camino, nous nous engouffrons dans le bar El Pepe. Et là, la patronne sort ses photos de famille car sa fille est mariée avec un poitevin, patrie de nos amis Dominique et Jean-François. © Fabienne Bodan

Lorsque l’on a longtemps marché sous la pluie, le moindre abri apparaît comme un cadeau du ciel. A Riego del Camino, nous nous engouffrons dans le bar El Pepe. Et là, la patronne sort ses photos de famille car sa fille est mariée avec un poitevin, patrie de nos amis Dominique et Jean-François. © Fabienne Bodan

A Granja de Moreruela, le pèlerin choisit s'il continue vers Astorga ou s'il emprunte le Camino Sanabrés via Ourense. © Fabienne Bodan

A Granja de Moreruela, le pèlerin choisit s’il continue vers Astorga ou s’il emprunte le Camino Sanabrés via Ourense. © Fabienne Bodan

Via de la Plata : Etape N°27, de Zamora à Montamarta

Auberge municipale de Zamora : une magnifique auberge en donativo avec des hospitaliers. Un grand merci à Luis et Marc pour leur accueil chaleureux. © Fabienne Bodan

Auberge municipale de Zamora : une magnifique auberge en donativo avec des hospitaliers. Un grand merci à Luis et Marc pour leur accueil chaleureux. © Fabienne Bodan

Lu dans l'auberge de Zamora "Le pèlerin n'exige pas, il remercie". © Fabienne Bodan

Lu dans l’auberge de Zamora « Le pèlerin n’exige pas, il remercie ». © Fabienne Bodan

Devant l'auberge de Zamora, toujours, cette borne avec un texte de A. Ramos de Castro "La valeur du chemin et de la vie ne se situe pas dans ce que tu marches, ce que découvres ou ce que l'on te donne, la valeur du chemin se niche dans l'amour que tu offres dans ta marche". © Fabienne Bodan

Devant l’auberge de Zamora, toujours, cette borne avec un texte de A. Ramos de Castro « La valeur du chemin et de la vie ne se situe pas dans ce que tu marches, ce que découvres ou ce que l’on te donne, la valeur du chemin se niche dans l’amour que tu offres dans ta marche ». © Fabienne Bodan

3 Mai 2015 :

Bonjour à tous
Je change mon fusil d’épaule et mimétise notre ami Pierre-Louis Blaix en prenant des photos avec mon téléphone mobile pour en faciliter la mise en ligne ! Et je vais tenter d’être plus régulière dans mes publications. Aujourd’hui étape de 18 kms de Zamora à Montamarta, un village-rue le long de la nationale. Une étape courte après le rush de 33 kms d’hier d’El Cubo de la Tierra del Vino à Zamora avec seulement un petit arrêt de 15 minutes par crainte de ne pas trouver de lit ! Tout ce que je déteste…
Pourtant cette étape d’hier traverse des zones vallonnées multicolores, véritable paradis des photographes. Ceux qui me suivent ont déjà lu comvien j’apprécie la beauté de cette Via de la Plata! La ville de Zamora est splendide mais nous avons manqué de temps pour la visiter, et tout étant complet pour tout le we, nous avons repris le chemin ce matin. L’étape d’aujourd’hui, après nous avoir menés vers le village d’Hiniesta et sa jolie église de 1290 dont vous pourrez appréciez (du moins je l’espère), les photos du tympan, s’est terminée par une longue ligne droite qui me rappelle celle de 17 kms du camino francés menant à Calzadilla de ? (je ne me rappelle plus le nom). Mon tendon droit frise l’inflammation depuis quelque jours. Je croise les doigts pour que les huiles essentielles anti-inflammatoires et le bourgeon de cassis parvienne à l’endiguer ! Hasta luego!

Parfois, se perdre en chemin offre de belles récompenses. Ici la remarquable église d'Hiniesta. © Fabienne Bodan

Parfois, se perdre en chemin offre de belles récompenses. Ici la remarquable église d’Hiniesta. © Fabienne Bodan

Sur la place du village de Montamarta trône El Zangarron, personnage typique des défilés du Nouvel An et des Rois dans la province de Zamora. © Fabienne Bodan

Sur la place du village de Montamarta trône El Zangarron, personnage typique des défilés du Nouvel An et des Rois dans la province de Zamora. © Fabienne Bodan

Hébergement à Montamarta

Coincée entre la voie de chemin de fer et la route, l'albergue de Montamarta a néanmoins le mérite d'exister...et d'être ouverte, après toutes ces auberges municipales fermées en Extremadura ! © Fabienne Bodan

Coincée entre la voie de chemin de fer et la route, l’albergue de Montamarta a néanmoins le mérite d’exister…et d’être ouverte, après toutes ces auberges municipales fermées en Extremadura ! © Fabienne Bodan

Il faisait gris ce jour là, et frais, dans cette auberge qui ne dispose pas de chauffage et qui est donc soumise à l'humidité. © Fabienne Bodan

Il faisait gris ce jour là, et frais, dans cette auberge qui ne dispose pas de chauffage et qui est donc soumise à l’humidité. © Fabienne Bodan

Un grand dortoir de lits superposés, avec couvertures fournies. © Fabienne Bodan

Un grand dortoir de lits superposés, avec couvertures fournies. © Fabienne Bodan

Des cloisons séparent de temps à autre les literas. Bien agréables si l'on veut avoir son petit coin à soi ! © Fabienne Bodan

Des cloisons séparent de temps à autre les literas. Bien agréables si l’on veut avoir son petit coin à soi ! © Fabienne Bodan

HébergementAlbergue municipal
(Désolée, je n'ai pas l'adresse, mais suivez l'enseigne Albergue de couleur verte)
T : 685 104 808 (Felipe) & 685 104 807 (Manuel)
Tarif mai 2015*5 euros (pour ceux qui arriveraient en dehors des heures de présence des hospitaliers, il es possible de déposer la somme en question dans une boîte aux lettres situées dans l'entrée).
Description.20 lits superposés (10 literas) en un seul dortoir. Les deux literas proches de l'entrée sont séparées des autres par une sorte de cloison, puis entre chaque cloison, il y a deux literas (soient 4 lits)
.Deux salles de bains (une pour les hommes, une pour les femmes, avec une douche et un WC dans chacune d'entre elles. Veillez à mettre le chauffe-eau en position accélérée si vous souhaitez de l'eau chaude pour la douche. Comme déjà vu précédemment, les ballons ne sont pas de très grande capacité.
.1 salle à manger (avec cheminée, mais je ne sais pas si elle est utilisée parfois) avec une grande table et des chaises en bois.
.1 cuisine
.L'albergue est signalée au moins un kilomètre avant par une enseigne verte. Elle était fermée depuis le 7 octobre 2013. Alors que la veille on nous avait dit qu'elle était toujours fermée, les hospitaliers de Zamora nous ont confirmé sa réouverture.
.Heures de présence des gestionnaires de l'auberge : 15h30 à 16h30 et 20h à 21h
.En arrivant, l'on doit téléphoner au gestionnaire qui vous laisse vous installer et passe aux heures indiquées pour tamponner votre crédentiale et encaisser le prix de la nuitée.
.Il est impossible de stocker son vélo dans le dortoir, mais sans doute possible de le faire dans l'entrée
Avantages.Son prix (enfin des auberges à un prix inférieurs à 10 euros, cela fait du bien au porte-monnaie !)
.A part la cuisine qui n'est guère inspirante, le dortoir et les sanitaires sont très propres.
Inconvénients.L'auberge est située en retrait du village, entre la route et une ligne d'électricité à haute tension.
.La cuisine n'est pas de « toute fraîcheur », ni d'une propreté exemplaire, et et son équipement est rudimentaire. Il existe néanmoins 2 plaques électriques, un four électrique, un réfrigérateur antédiluvien et un petit meuble avec quelques assiettes, verres et couverts. Bon, cela ne donne pas très envie d'y cuisiner. De toutes façons, la question ne se posait guère pour nous, puisque nous y sommes passés un dimanche, et que l'alimentation était fermée !
.Il y a des traces d'humidité dans le dortoir. N'adossez pas votre sac à dos aux murs !
.Il ne semble pas y avoir de chauffage dans l'auberge.
Appréciation
Coup de coeur
♣/♥
♣♣
Dans la salle à manger, une grande table et des chaises en bois massif...et une cheminée mais condamnée, sécurité oblige. C'est là que l'on aimerait la présence d'un hospitalier. © Fabienne Bodan

Dans la salle à manger, une grande table et des chaises en bois massif…et une cheminée mais condamnée, sécurité oblige. C’est là que l’on aimerait la présence d’un hospitalier. © Fabienne Bodan

La cuisine...un peu déglinguée et d'une propreté un peu douteuse. Elle ne nous a pas donné envie de cuisiner. Dommage, car la salle à manger, elle, invitait à un repas comme à la maison. © Fabienne Bodan

La cuisine…un peu déglinguée et d’une propreté un peu douteuse. Elle ne nous a pas donné envie de cuisiner. Dommage, car la salle à manger, elle, invitait à un repas comme à la maison. © Fabienne Bodan

Deux salles de bains, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes. Il manque quand même une aération ou une VMC. Gare à la détérioration rapide de cette auberge trop humide, et ni chauffée, ni ventilée. © Fabienne Bodan

Deux salles de bains, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes. Il manque quand même une aération ou une VMC. Gare à la détérioration rapide de cette auberge trop humide, et ni chauffée, ni ventilée. © Fabienne Bodan

Une douche, un WC, deux lavabos par salle de bains. © Fabienne Bodan

Une douche, un WC, deux lavabos par salle de bains. © Fabienne Bodan

*Lorsqu’aucune précision complémentaire n’est mentionnée, ce tarif désigne seulement la nuit pour pour une personne, sans petit-déjeuner ni demi-pension.

 Ce Chemin vers Compostelle est un cadeau de la vie et de l’univers, déclaré patrimoine de l’Humanité par l’Unesco il y a 25 ans. Je considère également chaque hébergement, chaque accueil, chaque personne aidante sur le Chemin comme un cadeau. J’ai donc décidé d’apprécier chaque hébergement m’ayant abritée pour une nuit, sur les critères objectifs détaillés dans les avantages et les inconvénients, en un cadeau  , deux cadeaux ♣♣ ou trois cadeaux ♣♣♣ .
♥ J’y ai également mentionné mes coups de coeur, sachant que les critères de chacun sont toujours subjectifs, liés à l’émotion d’un accueil, à l’harmonie entre les pèlerins le soir de son passage, à l’humeur des hospitaliers, à la difficulté de l’étape ou à la météo du jour… Cependant, le critère majeur retenu dans la sélection de mes coups de coeur est l’atmosphère de l’hébergement, son âme et la qualité de l’accueil de ses responsables et, mieux, hospitaliers ou hospitaleros. Mes coups de coeur ne vont pas forcément aux auberges les plus belles et les plus confortables, mais à celles dans laquelle perdure l’esprit du Chemin. Ils vont aux hospitaliers qui ont ouvert leurs coeurs aux pèlerins et qui aident, progressivement, par leur accueil, leur soutien, leur compassion et leur amour de l’autre, les pèlerins à ouvrir leur coeur et à atteindre l’objectif qu’ils se sont assigné en marchant vers Saint Jacques de Compostelle.